Le siecle de l’Art & Technologie

Le roi de la technologie est décédé le 5 Octobre 2011. Pour beaucoup, Steve Jobs est considéré comme le Thomas Edison de notre siècle. Du point de vue Art & Design, il était certainement l’une des figures les plus influentes pour les jeunes designers, photographes, rédacteurs en chef et j’en passe. En quelques années, les appareils Apple sont devenus les « must-have » pour travailler dans l’industrie de l’art.

Le mec était obsédé par le design. Il a construit le pont entre les rats de laboratoires et les artistes contemporains, les amateurs de beauté, de minimalisme et d’ergonomie. Aujourd’hui, aimer les gadgets et faire la queue pendant 48 heures en face d’un magasin d’informatique n’est plus réservé aux « nerds » anti-sociaux.

Votre Mac, iPhone ou iPad sont des outils qui ont été véritablement créés pour rendre la vie de l’artiste plus facile. Que vous soyez un graphiste, ou durant l’édition de vos photos HD prises en studio, ou la numérisation d’une peinture fraîchement terminée, votre travail est beaucoup plus efficace aujourd’hui que depuis les 50 dernières années. Surtout, la communication et la vente d’art n’a jamais été plus simple.

On pourrait faire valoir que, malgré son succès mondial, Apple n’a jamais vraiment réinventé la roue en vendant des produits de technologie déjà existants, mais a plutôt enseigné au monde une série de leçons de marketing. Cependant, alors que j’écris cet article avec mon PC Samsung, je me sens “artistiquement” solidaire de la tribu du fruit défendu.

Vivre libre,

Morgan Gray.

 
 

Moi mes souliers se font beaucoup zieuter

Compétition internationale de design Controlmad

Par Émilie Zaoré-Vanié

Tout le monde a un porte-souliers, parce que tout le monde a des chaussures. C’est un peu ennuyeux comme mobilier, quoique pratique et dans certains cas, indispensable. Si c’est commun pour nous, bientôt, ça ne le sera plus pour les architectes et designers inscrits à la compétition For your shoes, organisée par le ControlMad Advanced Design Center de Madrid.

Les créateurs espagnols sont invités à concevoir un meuble de rangement pour les chaussures, qui doit être intéressant visuellement (Merci) et fonctionnel. Comment donner l’apparence d’un trophée à un tas de ces accessoires indispensables qui promènent nos pieds, c’est ce qu’on va voir. Les participants ont une liberté impressionnante tant sur le choix des matériaux et la technique. Même si les dimensions maximales me semblent trop petite pour ma propre collection (2440 mm par 1220 mm, par 200mm), la relève espagnole est invitée à utiliser ces contraintes comme base à leur création. L’idée de travailler le porte-chaussures comme meuble de création vient du fait que dans plusieurs apparts, c’est un rangement assez négligé qui peut avoir une incidence sur la durée de vie des souliers.

Le 10 octobre, leurs prototypes seront enfin présentés et c’est dix jours plus tard qu’on connaîtra le gagnant. Un jury issu du milieu du génie, de l’architecte et du design sera en charge de déterminer quel prototype se retrouvera bientôt dans nos garde-robes.

Les gagnants se méritent une formation au ControlMAD Advanced Design Center, la matérialisation du meuble et son exposition, ainsi qu’une publication dans le Ibdaat Architectural Magazine. De quoi donner à nos souliers le gout de voyager.

 
 

L’aventure Raincoats à Pop Montréal

Par Émilie Zaoré-Vanié

Cette semaine, c’était le faux automne avec les nuages gris, les gens qui portent des bottes, et une humidité digne de juillet. Septembre, c’est bizarre, mais c’est aussi le Festival Pop Montréal, qui met en lumière la culture qui éclate le cadre. Musique, cinéma et arts visuels font « pop » ensemble et ça sonne bien. Ici les artistes font de la musique et les chanteurs gribouillent.

24 septembre, 16h30. C’est l’heure du cardio, j’escalade les marches de l’ancienne École des beaux-arts de Montréal. En passant à travers l’expo Did it make a sound
je me rends à la discussion avec les membres des ex- Raincoats.

Je m’attends à voir des genres de hippies post-punk aux coiffures étranges, mais je vois deux femmes arborant le même chandail noir avec un design blanc. L’une me rappelle une collègue de mon père et l’autre la petite sœur de ma mère. Rien de perturbant chez Ana da Silva et Gina Birch. Shirley O’loughin, manager active du groupe, est absente de corps, mais présente de voix, un cellulaire connecté aux haut-parleurs nous permettent de l’entendre. Pas de philosophies new age ou de haine de la culture pop (ce serait le mauvais festival pour ça). Juste des beaux souvenirs et une envie palpable de pousser les jeunes artistes à se laisser aller.

Formé dans les années 1970, le groupe punk est composé de trois artistes visuelles anglaises ayant chacune leur médium. L’exposition dans la salle adjacente présente quelques pièces des filles : les photographies de Shirley, saisies sur la vifs à la paparazzis, les films docu-expérimentaux de Gina et les dessins philo-gribouillis d’Ana. Leur point commun reste l’art de la performance.

Sorties de l’école des arts visuels de Londres, elles ont eu envie de crier. Le punk est entré dans leur art. Elles nous racontent comment elles ont appris leurs instruments sur le tas, comment la musique pouvait devenir aussi expérimentale que l’art, tant qu’on a quelque chose à exprimer. Sans jamais tomber dans la prétention, elles ne se vantent pas d’avoir monter sur le stage avec peu d’expérience, mais ne font que nous le raconter avec humour. « Je suis arrivée sur la scène et j’espérais qu’un trou allait se creuser sous mes pieds pour que je disparaisse! Je me demandais vraiment ce que j’étais en train de faire », se rappelle Anna.

Des projets solos sont à venir pour les trois artistes, il faut croire qu’elles ont encore beaucoup à dire et à expérimenter.

 
 

New York ne tient pas la pose

Blank City, un film de Céline Danhier

Par Émilie Zaoré-Vanié

Imaginons New York. Imaginons la ville autrement, loin de ce qu’on voit dans nos roadtrips entre amis. Imaginons la Grosse Pomme avant les gratte-ciels, le luxe et les loyers hors de prix.

Blank City, le documentaire de la réalisatrice française Céline Danhier, dépeint New York à l’époque où les voyages organisés devaient être peu coûteux. Dans les années 1970 et 1980, la ville qui ne dort jamais – ou qui dormait mal – a été un lieu de rassemblement où l’art underground battait son plein, particulièrement le cinéma. Le cinéma No wave et le cinéma transgressif sont nés dans ce bain de création, à une époque difficile sur le plan de l’économie et de la politique ; la violence et la criminalité en prime. Le documentaire nous offre des heures de ces courts et longs métrages que les cinéastes tournaient avec ce qui leur tombait sous la main. L’esthétique des Super 8 amène une cohésion au film pendant notre immersion dans ville où « rentrer à la maison était comme aller à la guerre ».  Les extraits mêlent poésie et image granuleuse, en noir et blanc, qui saisit tout de même les textures des blousons de cuir, des cheveux oxygénés et du béton. On nous montre du matériel ayant pour thème l’anti-capitalisme, la sexualité, la violence, la révolte. Entre les Å“uvres provocatrices, nous avons droit à des entretien avec plusieurs artistes du moment, issus de la musique, des arts visuels et du cinéma, tels la très « Blondie » Debbie Harry, John Waters et Amos Poe : des témoignages intéressants qui dépeignent un New York dangereux.

Les entrevues ont pourtant un look prudent: éclairage standard, des têtes parlantes, leurs domiciles. On est dans la tradition documentaire. Cadre rassurant ou rupture de ton dérangeante ? Il faut avouer que le No Wave et le cinéma transgressif ne se veulent pas nécessairement accessibles, même à notre époque dite ouverte. Une stratégie pour donner au No Wave une petite chance de s’expliquer au grand public? Au lieu des salons et salles à manger, on aurait aimé plus de lieux insolites pour ces rencontres, comme pour l’entrevue de Kembra Pfahler qui répond aux questions installée dans un bain vide, ou pour le réalisateur Nick Zedd, devant un mur tatoué de graffitis.